1.3Enregistrer achats, ventes & factures
L'essentiel en 30 secondes
- Vente : débit « clients » (créance), crédit « ventes » (produit) + crédit TVA collectée (due à l'État).
- Achat : débit « achats » (charge) + débit TVA déductible (récupérable), crédit « fournisseurs » (dette).
- HT + TVA = TTC : ventes et achats n'enregistrent que le HT ; la TVA, ni charge ni produit, passe par des comptes dédiés.
Mini-cas filé — Rachid vend et s'approvisionne
Rachid facture un client (créance, produit, TVA collectée) puis reçoit la facture de son propre fournisseur (charge, TVA déductible, dette). Son comptable lui montre les deux écritures miroirs en partie double à trois comptes — et le met en garde : ne jamais enregistrer le TTC en produit, et ne pas confondre facture (le droit) et paiement (le règlement, en 1.5). Le quotidien de la PME tient dans ces deux écritures.
Suite du cas 1.1-1.2 — Rachid passe ses premières écritures courantes.
1. La facture de vente, puis celle d'achat
Une facture de vente constate : une créance sur le client (débit « clients »), le produit (crédit « ventes ») et la TVA collectée (créditée, car due à l'État). Trois comptes, une écriture équilibrée.
Une facture d'achat fait l'inverse : la charge (débit « achats »), la TVA déductible (débitée, car récupérable) et la dette envers le fournisseur (crédit « fournisseurs »). Quand Rachid revend ses marchandises puis se réapprovisionne, il rejoue ce miroir en boucle.
2. La TVA, un intermédiaire
Le total TTC se décompose en HT + TVA. Pour l'entreprise, la TVA n'est ni charge ni produit : elle la collecte pour l'État et déduit celle payée — un « intermédiaire », d'où des comptes de TVA distincts.
Ces écritures type couvrent l'essentiel de la comptabilité quotidienne (partie double à trois comptes). Et on enregistre la facture dès son émission, indépendamment du paiement : la facture crée le droit et l'obligation, le paiement les réglera plus tard (1.5).
🔎 Exemple concret — Une vente à 120 € TTC
Décomposer HT + TVA, comme le comptable de Rachid.
Vente 120 € TTC (100 HT + 20 TVA) :
Débit « clients » 120 ; Crédit « ventes » 100 ; Crédit « TVA collectée » 20.
→ créance sur le client, produit réel = 100 HT, 20 dus à l'État.
Résultat : les écritures courantes sont maîtrisées.
Réflexe : les ventes et achats n'enregistrent que le HT — toujours décomposer.
Vocabulaire de la section
- Facture de vente
- Document constatant une vente ; enregistré en créance client, produit (vente) et TVA collectée.
Exemple simple : Rachid facture son client : créance au débit, vente et TVA collectée au crédit.
Ce que ce n'est pas : le paiement du client — qui soldera la créance plus tard.
Réflexe : facture émise = créance constatée, même non payée.
- Facture d'achat
- Document constatant un achat ; enregistré en charge (achat), TVA déductible et dette fournisseur.
Exemple simple : Le fournisseur de Rachid facture : charge et TVA déductible au débit, dette au crédit.
Ce que ce n'est pas : le règlement du fournisseur — seconde écriture, au paiement.
Réflexe : facture reçue = dette constatée, même non payée.
- TVA collectée
- TVA facturée aux clients sur les ventes, due à l'État (au crédit).
Exemple simple : Sur sa vente, Rachid collecte une TVA qu'il devra reverser.
Ce que ce n'est pas : un produit qui enrichit l'entreprise.
Réflexe : la collectée ne vous appartient pas : elle est due.
- TVA déductible
- TVA payée aux fournisseurs sur les achats, récupérable auprès de l'État (au débit).
Exemple simple : Sur son approvisionnement, Rachid récupère la TVA payée.
Ce que ce n'est pas : une charge définitive comme les autres.
Réflexe : la déductible se récupère : elle réduit la TVA à payer.
- HT / TTC
- Montant Hors Taxe (HT) + TVA = montant Toutes Taxes Comprises (TTC).
Exemple simple : 100 HT + 20 TVA = 120 TTC sur la vente de Rachid.
Ce que ce n'est pas : le TTC enregistré en produit.
Réflexe : toujours décomposer avant d'enregistrer.
En pratique — Passer les écritures d'achats et de ventes
- Pour une vente : débitez le client (créance), créditez la vente (produit) et la TVA collectée (due à l'État).
- Pour un achat : débitez l'achat (charge) et la TVA déductible (récupérable), créditez le fournisseur (dette).
- Décomposez chaque facture : montant HT + TVA = TTC ; la TVA passe par des comptes dédiés.
- Vérifiez l'équilibre débit = crédit et répétez sur plusieurs factures pour ancrer les réflexes.
Script prêt à dire — expliquer une facture au comptable (30 s)
« Voici la facture : tant en HT, tant en TVA, tant en TTC. Côté vente, on met le client au débit, la vente et la TVA collectée au crédit. Vérifiez-moi l'équilibre et dites-moi si le HT est bien le produit. »
À dire en transmettant chaque facture : HT, TVA, TTC annoncés + sens de l'écriture proposée.
Modèle copier-coller — fiche de ventilation de facture
FACTURE (vente / achat) N° : _______________
MONTANT HT : _______________ | TVA : _______________ | TTC : _______________
VENTE → Débit clients _____ / Crédit ventes _____ / Crédit TVA collectée _____
ACHAT → Débit achats _____ / Débit TVA déductible _____ / Crédit fournisseurs _____
ÉQUILIBRE débit = crédit ? OUI / NON
TPE / petit budget
Peu de factures : une fiche de ventilation par facture, classée avec la pièce, suffit avant la saisie mensuelle.
PME négoce Alger
Gros volumes d'achats-reventes : ventiler par lot et rapprocher chaque facture fournisseur du bon de livraison avant d'enregistrer.
Ventes au comptant
Client qui paie aussitôt : on passe quand même la facture (créance) puis le paiement (1.5) — deux écritures, même si le même jour.
Avec un comptable externe
Rachid transmet factures + fiches de ventilation HT/TVA/TTC ; le comptable contrôle et saisit — exiger un retour sur les écarts.
✓ Bonnes pratiques
- Décomposez toujours la facture : HT + TVA = TTC.
- Passez la TVA par ses comptes dédiés (ni charge ni produit).
- Distinguez la facture (créance/dette) du paiement (1.5).
✗ Pièges fréquents
- Enregistrer le TTC en produit/charge au lieu du HT.
- Oublier la TVA (écriture déséquilibrée ou fausse).
- Confondre TVA collectée (ventes) et déductible (achats).
Points clés à retenir
- Vente : débit client (créance), crédit vente (produit) + crédit TVA collectée (due à l'État).
- Achat : débit achat (charge) + débit TVA déductible (récupérable), crédit fournisseur (dette).
- La TVA n'est ni charge ni produit : l'entreprise la collecte et la déduit (intermédiaire de l'État).
- Chaque facture se décompose en HT + TVA = TTC ; les écritures reposent sur la partie double à trois comptes.
Défi 48h — appliquez demain
Prenez 1 facture réelle (vente ou achat), ventilez-la en HT + TVA = TTC avec la fiche ci-dessus et passez l'écriture à trois comptes. Le produit (ou la charge) est-il bien le HT ?
- Je peux passer une écriture de vente (client/vente/TVA collectée).
- Je peux passer une écriture d'achat (achat/TVA déductible/fournisseur).
- Je ventile toute facture en HT + TVA = TTC sans enregistrer le TTC en produit.
Questions fréquentes
Pourquoi la TVA apparaît-elle dans un compte séparé et non dans les achats/ventes ?
Parce que, pour l'entreprise, la TVA n'est ni une charge ni un produit : elle n'est qu'un collecteur pour l'État. Le produit réel d'une vente à 120 € TTC est de 100 € (le HT) ; les 20 € de TVA collectée devront être reversés. On isole donc la TVA dans des comptes dédiés, ce qui permet de calculer ce qu'on doit reverser (collectée − déductible).
Comptabilise-t-on la facture ou le paiement ?
Les deux, mais ce sont des moments distincts. On enregistre d'abord la facture, qui constate la vente/l'achat et la créance ou la dette, indépendamment du paiement. Puis, au paiement, une seconde écriture solde la créance/dette contre la banque (1.5). La facture crée le droit et l'obligation, le paiement les règle.
Sur la vente de Rachid à 120 € TTC (dont 20 de TVA), quel montant passe en produit « ventes » ?